Daisuke Kyoji a écrit :
Bonjour,
Pseudonyme : Daisuke Kyoji
Auto-estimation de votre niveau : Débutant [ x ] Intermédiaire [ ] Confirmé [ ]
Avez-vous déjà pratiqué du jeu de rôle sur forum ? Oui [ x ] Non [ ]
Si oui, depuis quand ? J'ai du écrire 3 textes sur un forum il y a plusieurs mois, et là j'en ai refait un ce mois-ci. Sinon jamais.
Monde voulu pour votre PT : Sc-Fi [ ] Fantasy [ ] Fantastique [ ] Réaliste [ x ]
Situation de départ : Image [ x ] Texte [ ]
Isily a écrit :
Bonsoir !
Pom pom pom, voilà
ton post-test ! Bonne chance à toi, et n'hésite pas si tu as des questions ! :)
Isily a écrit :

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Et voilà ton image. :)
Tu dois écrire un RP : c'est à dire qu'il ne faut pas oublier l'ouverture à un partenaire de jeu imaginaire.
Tu peux écrire à la première ou troisième personne, et incarner le personnage de ton choix. Ici, il faut cependant que la fille de l'image ait un rôle essentiel dans le RP (c'est à dire que si tu ne l'incarnes pas, ce serait préférable qu'elle soit alors le personnage de l'autre joueur).
Daisuke Kyoji a écrit :
Voilà mon post !
Miteux.
C'est le mot qui convient le mieux.
Moi, Lorena Sawatari, j'étais vouée à devenir chanteuse. A 16 ans, je fais partie d'un groupe sans renommée, et je chante. A tue-tête, A plein poumons, à m'en faire suffoquer s'il le faut.
Quand on est enfant, les filles se divisent en deux groupes : les
rêveuses bancales et celles qui ont carrément
quitté le sol, la vraie vie. J'étais du deuxième groupe. Comment discerner ces groupes ? C'était très simple : chaque petite fille qui se respecte a un projet d'avenir, un « métier » qu'elle veut absolument faire et elle n'en démordra sous aucun prétexte. Il est d'ailleurs inutile d'essayer d'en persuader une que son rêve est inaccessible et que très peu de personnes réussiront à l'atteindre. Non, très peu est encore bien trop gentil : dans le meilleur des cas, une infime partie de la population réussira à atteindre ce but d'enfant.
Mais de quel but est-il question ? Le premier groupe veut devenir vétérinaire, et le deuxième veut devenir
chanteuse.
En réalité, depuis le moment où ce rêve s'est imposé dans ma tête, je n'ai jamais retouché le sol, pas même d'un ongle.
La « vie réelle » me semble totalement insignifiante : aller en cours, passer du temps en famille, faire le ménage dans la maison aux côtés de sa mère, sortir avec des amis... Qu'en ai-je à faire ? Je suis
Dieu, moi. Je ne suis pas concernée par tout ceci. Quand les premières notes sortent de mes cordes vocales, le monde hors de la salle s'embue pour disparaître complètement, pendant que, dans ma grande miséricorde, j'emmène mes disciples au Septième Ciel par le timbre de ma voix. Je les pardonne d'avoir perdu leurs rêves, et de ne pas avoir perpétré l'utopie onirique. Je les pardonne d'avoir choisi, non sans stupidité, ce que prêchent les prisonniers de la réalité.
Mais avec cette lucidité, je suis bien obligée de me rendre à l'évidence : ce groupe est pourri.
Deux ans. Deux ans que je chante avec eux, pitoyables musiciens. Bien sûr que j'y ai pensé, me lancer dans une carrière solo. Après tout, les acolytes de Dieu ne sont pas à sa hauteur. Mais Dieu est bon, et j'ai compris que personne ne serait jamais à la hauteur de ma voix.
Et puis, que sommes-nous censés chercher avec un groupe de musique ? Nous avons quelques fans qui viennent à chacun de nos concerts, et les salles, bien que toujours aussi petites, sont convenablement remplies. Mais ne soyons pas trop vaniteux.
Le staff arrive. Un homme, grand, entièrement vêtu de noir, avance vers moi.
- Prépare-toi, on va faire entrer les musiciens d'abord et ensuite quand tu entendras « Et maintenant faites place à Dream for Lambs », tu rentres en scène et tu commences la set list.
- D'accord. Il y a du monde dans la salle ?
- Environ 300 personnes, donc essaie d'assurer.
Je ne réponds pas. Pour qui me prend-t-il ? Je ne suis pas capable de ne pas assurer.
J'entortille le fil de mon micro autour de ma jambe en attendant ladite phrase.
J'observe le décor autour de moi. C'est la première fois que nous jouons ici, et j'espère que ce sera la dernière : les murs sont délabrés et tagés au possible. A tout moment on s'attend à tomber sur quelqu'un nous menaçant d'un couteau : « ta vie ou ton porte feuille ? ». J'essaie de faire sortir ces pensées de ma tête et entortille plus frénétiquement le fil du micro.
Il est temps de m'échauffer la voix, je pousse quelques vocalises du bout des lèvres, celles de ma première chanson.
« Hate them, hate them all.
You can't see, blind lamb,
They took your eyes off your head,
And dug it under the ground »
Des bruits de pas. J'arrête net mon chant. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine. Ma respiration devient silencieuse.
Et je l'aperçois.
Un garçon, planté devant moi, me regardant droit dans les yeux.
- Qu'est-ce que tu veux ?
Ma voix tressautante trahit mon manque d'assurance.
Un fan ? Je n'en sais rien, mais ses pieds ont l'air d'être incrustés dans le ciment...